Le républicain Lorrain, 2 mai 2012

publié le 2 mai 2012 à 12:50 par courir a metz Metropole   [ mis à jour le·2 mai 2012 à 13:35 par Bertrand DECHERY ]

« Je pleure souvent, seule, chez moi »

La triathlète Martine Hofer devait participer à la Messine. Renversée par une voiture le 11 avril, la marraine de la course est restée spectatrice dans une chaise roulante.


Martine Hofer. Photo Courir à Metz Métropole

Avant le 11 avril, une semaine de Martine Hofer comptait 250 km de vélo, 50 km de course à pied et 10 km de natation. Son minimum vital ! Depuis ce 11 avril, la marraine de la première Messine regarde le plafond de sa chambre, alitée. A cinquante et un ans, la triathlète messine ne rêve plus du soleil d’Hawaï, son dernier Ironman, ou des cols d’Embrun , qu’elle devait arpenter en août. Non, Martine Hofer rêve tout simplement de marcher, de poser le pied par terre, de sortir « [ses] fesses de cette maudite chaise » roulante qui lui permet de prendre l’air.

Le 11 avril, l’infirmière libérale était en vacances (sportives) à Marseille. Lors d’une sortie vélo avec son compagnon, elle a été renversée par une voiture. « Nous étions dans un tunnel. J’ai entendu le moteur d’un véhicule derrière moi mais il n’avait pas de phares. J’ai eu le temps de crier et le conducteur m’a tapée. »

Son pied gauche ne bouge plus

Diagnostic : trois fractures à la jambe, une au coccyx, des œdèmes et un syndrome des loges. « Pour faire simple, des vaisseaux ont explosé à l’intérieur. » C’est son pied gauche qui l’inquiète le plus. « Le muscle releveur n’a pas été irrigué pendant quelque temps. Aujourd’hui, mon pied est paralysé. J’ai l’impression qu’il est vissé à ma jambe. »

La guerrière a les larmes aux yeux. « Je pleure souvent, seule, chez moi. Je pleure quand mon chéri part courir, rouler ou nager. Je lui en veux presque de pouvoir y aller mais il en a besoin pour me supporter. Aujourd’hui, je vois les choses différemment. Avant le 11 avril, j’étais une sportive égoïste, maintenant j’ai envie de penser aux autres. Si je ne peux plus courir ni remonter sur un vélo, j’organiserai des courses pour toutes les causes du monde. C’est dur de ne plus être maître de son corps. Heureusement, j’ai encore toute ma tête. »

Le conducteur de la voiture aussi ? « C’est un papy de 89 ans. Il s’est arrêté en sortant du tunnel car un de ses pneus avait éclaté et une de ses vitres s’était brisée. Sinon, il aurait continué son chemin. Il n’a même pas vu qu’il m’avait renversée. Il a dit à la police qu’il avait percuté un animal. »


Marjorie Beurton