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Ecotrail de Paris 2012

publié le 4 avr. 2012 à 15:12 par courir a metz Metropole   [ mis à jour : 4 avr. 2012 à 23:17 ]
Il est 5 heures Paris s'éveille, il est 5 heures je n'ai pas sommeil. 

C'est vraiment ballot de se réveiller à une heure pareille alors que l'épreuve débute à midi.
Est-ce l'impatience de participer à l'écotrail de Paris, avec l'espoir de franchir la ligne d'arrivée au premier étage de la tour Eiffel ou l'appréhension de faire cette course avec une cheville en vrac qui me réveille. Je sais, c'est complètement stupide de se lancer sur un 80km une semaine après une entorse, mais les coureurs et coureuses me comprendront (J'en connais même une qui a fait la CCC avec un bras cassé). Il y avait une petite chance que je puisse le faire, j'ai essayé ! Pas complètement fou quand même, je pars avec un strapping en béton fait la veille dans le train par ma kiné préférée, une magicienne de l'elastoplast. 

   

Il est 7 heures, après avoir compté un nombre incommensurable de moutons, petit déjeuner consistant, préparation du sac, habillage, départ en RER vers Saint Quentin en Yvelines s'enchainent suivi d'un trajet en bus jusqu'à la ligne de départ. Encore deux heures à patienter ce que l'on fait à la terrasse d'une petit snack en mangeant paninis et crêpes au sucre. Il fait déjà plus de 20 degrés; avec Benoît, Jérôme et Isabelle, compagnons de balade et d'entrainement, on se dit que cela risque d'être difficile car nous n'avions pas eu l'occasion de nous préparer sous la chaleur. 


Midi le départ. On court à quatre pendant 2 heures mais le petit groupe se disperse au fil des kilomètres des forêts de l'ouest parisien. Le parcours est un peu monotone, les côtes sont courtes mais très pentues. C'est tout compte fait agréable de traverser les agglomérations où l'on rencontre un peu de public. Les kilomètres défilent, les poches à eau se vident.


On avance encore. Le passage à l'observatoire de Meudon est magnifique, on domine tout Paris et j'y retrouve ma famille venue m'encourager. Les enfants courent quelques mètres avec moi, du bonheur ! Contrôles inopinés des sacs à dos, tout y est et on repart pour les derniers 30 kilomètres. Ca se présente bien car je n'ai absolument pas mal à la cheville mais les cuisses c'est une horreur ! 







Vers 19 heures la pénombre s'installe et les frontales s'allument. Dernière descente dans la forêt du parc de Saint-Cloud et nous rattrapons la Seine devant le musée national de Céramique à Sèvres. A partir de cet endroit ça devient moins marrant. On en a plein les cannes, il fait nuit, on longe des quais sans fin près des voitures, mais c'est le passage obligé pour rejoindre le Champ-de-Mars. Nous voyons passer et repasser l'immense faisceau du phare de la tour Eiffel et dérivons péniblement vers lui. 







Il est plus de 21 heures et nous avalons nos derniers mètres de quai pour monter l'escalier du pont d'Iéna entre deux rangées de spectateurs hurlant. L'organisation a bien fait les choses et bloque la circulation afin que les coureurs traversent et arrivent au pied de la dame de fer illuminée. Je ne me souviens pas avoir terminé une course sous une telle clameur et en plus les amis, qui quelques heures plus tôt bouclaient le 50 kilomètres, sont tous là. Noémi, Maryse qui nous a fait un podium, Céline, Dominique, Florence, Laurence, Laurent, Christian, Fabrice, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci. Nous nous sautons au cou et en oublions presque que l'arrivée est au premier étage 58 mètres plus haut. 


Encore 358 marches à gravir. Certes nous nous sommes entrainés dans les escaliers de la vallée de Montvaux qui comptent quelques marches de plus mais après 80 bornes les cuisses explosent. Certains coureurs tiennent la rampe à deux mains et montent plus avec leurs bras qu'avec leurs jambes. Après 4 minutes inoubliables: l'arrivée. On récupère le t-shirt et on regarde Paris. Mais il faut déjà redescendre...par les escaliers car les ascenseurs venant des étages supérieurs sont bondés de touristes.


Nous retrouvons en bas famille et coureurs. Tout le monde parle en même temps, "C'était génial", "on revient l'an prochain", "J'ai eu mal ici", "moi j'ai eu mal", "j'ai un coup de soleil", "on prend une photo", "j'ai craqué au 30ème"...On se sépare enfin et chacun retourne, qui dans son hôtel, qui dans sa famille, il y en a même qui ont dormi dans une caserne de pompiers.

Il est minuit l'appartement s'est endormi. Il est minuit je n'ai pas sommeil.