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Courchevel X-Trail 54 KM : le récit de John

publié le 27 août 2014 à 03:25 par courir a metz Metropole   [ mis à jour le·28 oct. 2014 à 04:36 par Bertrand DECHERY ]
Durant la période estivale, alors que certains recherchent les plus belles plages pour bronzer, d'autres se lancent dans des défis sportifs en montagne. C'est la cas de John, qui a pris le départ du X-Trail (54 KM et 4400 D+) le 03 août dernier, à Courchevel. Certains d'entre vous ont certainement pu le croiser lors de sa préparation, pendant les sorties trail des samedis et dimanches matins, sa bonne humeur et sa sympathie ne passant pas inaperçues. Il nous livre son récit, avec une touche d'humour et de légèreté pour masquer la sueur de l'épreuve. 

En 2012, par hasard, au détour d’un séjour au Parc Naturel de la Vanoise, j’assiste à l’arrivée fraîche et enjouée de ce bon vieux Dawa (ndlr : Dawa Sherpa, traileur de haut niveau) sur la boucle du 54K-4400D+ du Xtrail. En levant la tête, je découvre les données de ce parcours qui me semble déjà hors normes. Je me promets donc de l’inscrire à ma « to do list », à côté de la pratique du poney sur glace et juste derrière le saut en parachute sans parachute. 2014 sera l’année du face à face...

La préparation 

On commencera pourtant l’année par la pire année de ma vie de coureur mais la plus belle de mon existence, je deviens papa d’une petite Nina...je commence donc à fractionner…mes nuits…et travaille ma descente …de verres…un entrainement spécifique assez peu payant, il faut le reconnaître, qui m’a donc contraint, dés le mois de Mai, à mettre les bouchées doubles pour espérer faire une préparation correcte.

Au programme : Du long, du long, de la bosse, des week ends en "Vosgie", le Trail de la Vallée des Lacs (52k-2500D+), le Trail du Pays Welche (54k-2200D+), le Trail des Marcaires, celui du Saint-Quentin (ndlr : le meilleur) ... et du rab’ avec les sorties du Dimanche animées par Jean-Luc. Bref, on mange de la motte de terre, de solides raidillons pour rattraper le retard...Tant pis pour la VMA, trop tard, vu le profil ça courra peu.

Grand réconfort, lorsque j'apprend que nous sommes plusieurs Mosellans à faire cette course : Benoit, Bertrand, Thomas, Jean-Luc et même Jacques qui s’inscrit finalement sur le 54K après de longues heures d’hésitations.

Arrivé le week-end du trail à Courchevel, le gîte est superbe, bien situé (merci Bertrand), les repas légers d’avant compétition sont savamment étudiés (tartiflette-bière par le Chef Thomas, Pâtes bolognaise par le Chef Jean-Luc…) Le top je vous dis, le top… !

Un parcours exigeant mais magnifique


Jour J : Nous y voilà, 2h du matin sonne, ça s’active dans l’appart, enfin…une partie de l’appart, la partie qui se lancera sur les 54K à 4h avec Jean-Luc, Jacques et moi-même (ndlr : les autres préférant se limiter au parcours de 33 KM et 2200 D+). Petit coup d’œil par la fenêtre, c’est le déluge…après les orages de la veille, la pluie s’abat sur le départ, ça promet…et effectivement…Ce départ donnera le ton : pluie, brouillard et ascension de 1300m pour la mise en jambe...J’ai connu des réveils plus sympas…Je regrette presque le réveil matin avec « Balavoine » imposé par Thomas…euh, non finalement je ne regrette pas :).. Les 2 premières heures s’enchainent assez vite, ça monte dur, c’est technique et les barrières horaires nous regardent de prés…L’organisation a prévu un chrono relativement serré pour assurer des conditions optimales de sécurité. Je ne vois plus Jean-Luc, ni Jacques… Je commence à m’inquiéter pour eux et leurs passages aux barrières horaires. On ne se retrouvera finalement pas. Quel dommage !

Je m’aperçois assez vite que ce trail n’est absolument pas roulant : ça enchaine côtes techniques interminables et descentes sinueuses dans la rocaille…le décor humide est pourtant magnifique, les nuages s’accrochent aux versants saillants des différents pics de la Vanoise…c’est magnifique…je ne regrette pas…des névés, des pierriers, de l’altitude (passage à 2800m)... Le parcours est dur, exigeant mais époustouflant. Les Km ne défilent pas beaucoup et le chrono semble arrêté, mais peu importe : quelle chance de pouvoir profiter d’un parcours 100% alpin, assez souvent en solitaire, particulièrement changeant. Le ciel se lève aux alentours de 13h, me laissant apprécier d’autant plus les quelques heures qui me séparent de l’arrivée. Les jambes répondent encore assez bien jusqu’à la fin même si l’alimentation devient difficile. J’essuie quelques coups de bambous bien sentis mais je tiens bon avec un jeune couple en préparation de l’UTMB avec lequel on se marre bien.

Ce sera finalement une arrivée à 16h après 12h d’effort, conforme à mes prévisions. Un chrono qui peut paraître excessif vu la distance mais la technicité empêchait tout emballement, et peut-être tant mieux, car au final, 12h passé au cœur du Parc de la Vanoise ? Il y a pire, non (Cf. réveil avec Ballavoine)? Beaucoup de recalés aux barrières horaires (environ 60), l’année prochaine ce trail necessitera 1 point ITRA que je pense largement justifié.

J’en tirerai cependant une conclusion sans équivoque : l’auteur du parcours a sûrement subi une rupture amoureuse difficile cette année pour nous imposer cela. Content d’avoir vécu ces bons moments avec cette équipe. L’année prochaine, Trail des aiguilles Rouges (50K-4000D+) ?