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Corsica Coast Race 2012

publié le 9 nov. 2012 à 15:03 par courir a metz Metropole   [ mis à jour : 18 nov. 2012 à 06:59 ]

Atterrissage pluvieux mais trail merveilleux !


 Corsica Coast Race tête de maure  


Malgré 2 années déjà passées à Chamonix à tenter et réussir pour les plus préparés les courses de l’UTMB, notre soif de Mont Blanc reste toujours vivace pour les traileurs que nous sommes. Tout le monde rêve de boucler le grand tour. Le problème, c’est que certains n’ont pas les points nécessaires pour postuler à l’UTMB. 

Motivés, nous recherchons des courses à 2 points à faire avant la fin de l’année. Quelques trails en Allemagne ou en Italie, une course de nuit sur Paris, les pistes ne sont pas forcément des plus réjouissantes. Mais une attire notre attention : la Corsica Coast Race, 97Km en 3 étapes (28, 58, et 11) proposant de relier Ajaccio à Bonifacio le long de la côte, le tout en pension complète avec hôtels 3 étoiles à la période de la Toussaint. Comble de bonheur, une marche en parallèle de la course est proposée par l’organisation pour les éventuels accompagnateurs. La décision est prise !

Il ne restera plus qu’à surveiller la météo qui semble instable pour la semaine. Tout le monde embarque bien le mercredi 31 octobre dans l’avion reliant Paris à Ajaccio. Le commandant de bord nous annonce que nous devrions éviter la grosse pluie pendant le vol malgré l’alerte orange sur le sud de la France. 

Ce fut bien le cas. En revanche, notre arrivée en Corse fut des plus mouvementées ! Après avoir déjeuné un repas quelconque à une brasserie du port où nous devinons quelques traileurs à leur tenue ou à leur sac, nous visitons les rues commerçantes d’Ajaccio sous des trombes d’eau. Nous avons le réflexe de sortir nos vestes imperméables de course pour éviter d’être détrempés et nous précipitons en courant vers la gare maritime, lieu du rendez-vous fixé à 16h00. Nous apprenons assez tard que le départ en bus s’effectuera à 18H00, ce qui ne nous réjouit guère car déjà transis de froid par les conditions climatiques, nous attendons, attendons, attendons jusqu’au départ vers un village de vacances du côté de Porticcio.

Au vu du descriptif, nous espérons du grand luxe mais nous voici en pleine nuit, sous la pluie, enjambant des piscines d’eau à la recherche de nos bungalows non chauffés, sans serviette, voire même sans draps !! L’organisation est aussi surprise des conditions d’accueil. Bref, nous nous posons des questions et nous demandons ce que nous faisons dans ce qui paraît être une belle galère !

Jeudi matin, à notre plus grande joie, la météo est clémente Voire belle. 28Km nous attendent pour cette première étape ! Nous écoutons religieusement Marc, directeur de course, avant de nous élancer dans des chemins de terre d’abord larges et très praticables. 

Cette première escapade nous fait monter progressivement à 600 mètres, la difficulté du terrain augmentant avec l'altitude, et nous offre de beaux paysages côtiers. La seconde partie de l'étape en revanche est beaucoup plus technique avec des descentes très pierreuses où la prudence est de mise. Le soleil est au rendez-vous, ouf ! Nous finissons sans trop de difficultés en moins de 4 heures et attendons alors les derniers avant de reprendre le bus, certains bronzant face au soleil Corse et buvant la bière locale à la châtaigne, d’autres piquant une tête dans la Méditerranée ou profitant des services des masseurs et podologues. 

Nous reprenons le bus direction le second village de vacances qui, fort heureusement, est d’un meilleur standing. Nous nous bâfrons du repas du soir avant d’écouter les organisateurs nous décrire le parcours de 58Km du lendemain. Il semble tellement apocalyptique qu’on nous conseille de ne pas mettre de tenue neuve !! Nous nous attendons au pire…
 Corsica Coast Race Descente


 Corsica Coast Race Rochers  Vendredi matin, le ciel est d’un bleu azuréen. Les dernières recommandations de Marc passées, notamment sur le début du parcours sur plage où il faut emprunter le premier escalier sur la gauche, nous nous élançons pour environ 9 heures de ballade. 

Évidemment, la moitié des coureurs ne voient pas ce fameux escalier, nous empruntons le suivant… puis arrivons dans le fameux maquis Corse à la recherche des balises devant nous mener à destination. Les premières hésitations commencent alors. Nous prenons un mauvais chemin. Certains préfèrent alors couper à travers le maquis qui découpe cuisses et mollets. 

Après des passages rocheux, techniques et glissants, nous rattrapons la queue de peloton et remontons un à un une partie des participants. A la faveur d’une autre plage nous reperdons de vue le bon chemin. 

Une dizaine de coureurs avec nous sont aussi désorientés. Nous rebroussons chemin et dénichons 200 mètres plus bas une balise qui permet de reprendre la bonne direction. Les kilomètres s'enchaînent ensuite par une température quasi estivale. Les coureurs ne prennent pas toujours les mêmes chemins mais aucune perte n'est à déplorer.


 Passé le ravitaillement du 25ème, nous nous retrouvons à nous enthousiasmer à chaque crique traversée, à être éblouis par les compositions rocheuses, à nous esclaffer de joie devant le coucher de soleil se réverbérant sur les pierres d’une nouvelle plage déserte ou à admirer les tours génoises dominant majestueusement le littoral. 

Nous en oublions les difficultés : le maquis continue à griffer bras et jambes mais nous n’avons plus mal ; nous sommes à la limite de l’escalade sur un passage rocheux mais sommes portés par la majesté des lieux ; les montées ne sont plus pénibles et les descentes pierreuses semblent faciles. Même les passages à gué bien vivifiants pour nos jambes sont vite évacués. Nous ne pouvons nous empêcher de nous arrêter régulièrement pour immortaliser avec nos appareils modernes les moments de beauté que nous offre cette île. 

Après quelques nouvelles interrogations sur le parcours rappelant les errances d’Astérix et Obélix en Corse, nous sortons avant la tombée de la nuit de la côte pour arriver au point final de cette étape, très heureux de la ballade proposée.
De surcroît la journée est très positive sportivement car nous obtenons nos 2 points. 
 Corsica Coast Race Plage


 Corsica Coast Race Falaise de Bonifacio
 Nous apprendrons plus tard que quelques malheureux ont dû s’arrêter pour des soucis physiques ou du fait de la barrière horaire. Seuls 34 d’entre nous sur 52 franchissent la ligne d’arrivée. Notre dernier logement, un hôtel 3 étoiles est superbe et plaisant à 2 détails près : tout le monde recherche du réseau téléphonique et certaines chambres sont déjà occupées par quelques centaines de minuscules locataires à 6 pattes et 2 antennes sur la tête. Certaines ont même droit à une fourmi-thérapie de nuit des plus désagréables ;-)

Le départ de la dernière étape étant donné à 11 heures le samedi, nous profitons du petit déjeuner en terrasse ensoleillée. Il n’y a que 12Km à effectuer pour cet ultime trail. Nous démarrons direction la plage pour un parcours rocailleux dans un premier temps où il faut, soit escalader, soit courir dans la mer. Après une succession de descentes et d'ascensions bien casse pattes agrémentées de l’inévitable maquis, lacérant encore mollets, cuisses et avant-bras (ce n’était pas le jour pour mettre un short !!!), nous effectuons une plongée vertigineuse puis remontons vers le phare de Pertusato. Nous courrons parfois sous l'ombre et l'abri des falaises, parfois au bord des précipices rocheux, la Corse à notre droite, la Sardaigne à notre gauche. 

Se dessine soudain la "sublimissime" citadelle de Bonifacio qui du haut de sa falaise semble prête à basculer vers la méditerranée. Impossible pour certains de ne pas ralentir et de contempler, c'est juste trop beau. La ligne d'arrivée est pourtant proche mais la franchir signifie la fin des émotions offertes par ces paysages. D'autres ne s'attardent pas et foncent vers la délivrance qui attend au bout du port de la ville Corse. Ils profiterons des clichés offerts par l’organisation grâce à l’omniprésent photographe qui devra un jour expliquer comment il fait pour se retrouver à tous les ravitaillements…

L'après midi s'achève par une remise de trophées des plus conviviales où tout le monde est appelé pour recevoir sa médaille. La soirée se terminera pour certains tard dans la nuit. La pluie oubliée depuis trois jours repointe le bout de son nez nous signifiant que, ça y est, nous avions assez profité de l’île de beauté la bien nommée et qu’il était temps de retrouver notre Lorraine « presque » aussi belle.


Nous ne savions pas à quoi nous attendre en arrivant mais repartons tous avec la sensation de nous être déconnectés complètement du quotidien grâce aux instants magiques offerts par ce merveilleux trail. La course aux points semble maintenant bien dérisoire et nous pensons qu’une expérience semblable est à renouveler très rapidement, peut-être dès 2013 pour une édition aux choix de 100 ou 170km…