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Les reportages

Tavignanu Trail 2014

publié le 21 sept. 2014 à 12:49 par Bertrand DECHERY   [ mis à jour le·2 oct. 2014 à 04:32 par courir a metz Metropole ]

Un reportage sur un trail Corse, le "Tavignanu", qui s'est déroulé en juillet 2014 à Corte en Haute-Corse. Nous sommes en septembre, le narrateur n'est pas réputé pour sa ponctualité.

En retard au départ.

13 juillet 2014. 7h05.
J'arrive au sprint sur la ligne de départ du Tavignanu Trail à Corte. Heureusement le départ prévu à 7h n'a pas encore été donné. Il le sera vers 7h15. Finalement j'étais largement en avance.

Le "Tavignanu trail" (33 km 2500 d+), est une des trois épreuves organisées par l'association >> Restonica Trail au mois de juillet avec la Restonica Trail (68 km 5000 d+) et l'ultra Trail di Corsica (110 km 8000 d+). Elles démarrent toutes de Corte et permettent de découvrir les montagnes et vallées corses. L'organisation y est impeccable et la sac remis aux coureurs lors de l'inscription est rempli de spécialités de la région, caramels, gâteaux, vin, bière...en plus du traditionnel t-shirt technique. Les corses savent recevoir.

10 kilomètres en 3 heures.

Mais revenons à la course. Ce sont tout d'abord 1500 mètres de dénivelé positif sur 7km. Les pourcentages obligent à s'arrêter régulièrement pour récupérer mais ceci permet de bénéficier du lever de soleil sur Corte. La file indienne des 5 premiers kilomètres explose rapidement et les 400 concurrents se dispersent au cours de l'ascension.

Arrivé au sommet du Bocca Canaglia (1790m), il ne faut surtout pas penser se laisser descendre jusqu'à la prochaine difficulté. En corse les descentes sont "la difficulté" à moins d'avoir du sang de chamois dans les veines. La course est remplacée par de multiples sauts de caillou en caillou. Les articulations sont soumises à des chocs incessants, la concentration ne peut jamais se relâcher et il me faudra près de 3 heures pour effectuer 10 kilomètres

Les animaux en liberté.

Les panoramas qui nous sont offerts sont simplement sublimes. Nous apercevons le Monte Rotondo, deuxième sommet corse 2622 mètres. Nombreux sont les coureurs qui s'arrêtent photographier l'arche du Scandulaghju.

En chemin, nous croisons en liberté, cochons, chèvres, vaches avant de retrouver leurs familles sous forme de saucissons ou fromages lors des ravitaillements plantureux qui agrémentent le parcours. Les vaches ne veulent pas toujours libérer le passage et nous obligent à de légers détours. Qui voudrait se fâcher avec une vache corse ? Les chèvres et les cochons nous ignorent.

Au bout de 4 heures les premiers coureurs en terminent alors que les derniers passent au dixième kilomètre. Les écarts sont énormes entre les habitués de ces terrains et ceux ne les pratiquant qu'occasionnellement. Il y a des traileurs éparpillés sur 20 kilomètres pour une épreuve en comptant 33. Je suis à mi-parcours, au refuge de La Sega, me bâfrant de charcuterie - le fromage corse lui ne passe pas - avant d'aborder la deuxième ascension jusqu'au plateau d'Alzu. Il faudra plus d'une heure pour cette montée d'à peine 3km.

10 kilomètres en 2 heures.

Reste à rejoindre Corte en longeant la rivière qui a donné son nom à l'épreuve. En plus du spectacle qu'offre une descente dans une vallée Corse paradisiaque nous rejoignons les coureurs partis la veille sur le 110km. Ils sont impressionnants de volonté. La plupart avance péniblement. Nous rattrapons une traileuse titubante qui s'allonge dans le ruisseau pour essayer de se réveiller. D'autres somnolent assis sur un rocher. Il m'est très difficile de courir tant le terrain est technique. Plus de 2 heures seront nécessaires pour les 10 derniers kilomètres...de descente qui auront raison des pare-pierres et des crampons de mes chaussures.

En retard à l'arrivée.

Enfin Corte se redessine. Nous y entrons par sa citadelle et dévalons les rues de la cité. J'ai l'immense chance de disposer d'un comité d'accueil familial. Je leur avais indiqué que je mettrais probablement autour de 6 heures. Je mis finalement 1h30 de plus. Désolé pour ce retard !

Bertrand.


cliquez sur les photos

Tavignanu Trail : au dessus de Corte


Tavignanu Trail : sommets monte rotondo

Tavignanu Trail : animaux en liberté

Tavignanu Trail : Drapeau Corse


Trail du Haut Koenigsbourg : récit de course

publié le 13 sept. 2014 à 04:07 par courir a metz Metropole   [ mis à jour le·26 nov. 2014 à 14:43 par Bertrand DECHERY ]

Séverine est la "Community Manager"du Trail du Saint-Quentin - entre autres fonctions - et anime la page Facebook du Trail du Saint-Quentin, que nous vous invitons à liker ici si ce n'est pas déjà le cas :-). Elle a repris la course à pied il y a un an après une période de petits bobos et participe alors à de premières sorties sur le Saint-Quentin avec le groupe du samedi matin conduit par Jean-Luc. Prenant vite goût au trail, désormais, Séverine s'empresse de courir les week-ends sur nos collines favorites dès que sa vie familiale et professionnelle le lui permet. Après une reprise progressive, son défi pour cette année était de s'attaquer aux 24 km du Trail du Haut Koenigsbourg : voici son récit.

C’est à l’occasion d’un week-end en Alsace en Septembre 2013 que j’ai découvert les affiches du Trail du Haut Koenigsbourg. Je m’y intéresse de très près, car il est vrai que cette région a de nombreux atouts touristiques…. et gastronomiques !! Alors pourquoi ne pas combiner le trail et la découverte de sites magnifiques ?

24km, 850M D+…… 1 an pour me préparer

De la rigolade pour certains, mais pour moi qui ai débuté le trail et la course à pied il y a à peine un an, c’est un vrai challenge. Je vais devoir accumuler les kilomètres, et surtout faire quelques courses pour m’entrainer.

Dès que je peux, le weekend, je file au St Quentin faire les sorties avec Jean-Luc et compagnie, un bon terrain de jeu pour progresser, le mardi une séance de fractionné au club de l’A2M, et le vendredi footing et route touristique, l’endroit idéal pour travailler les montées. Mais pas toujours facile de concilier travail, vie de famille et entrainements. Cela nécessite  une gymnastique cérébrale importante…

Je demande à Angie, mon mentor, de me faire un plan d’entrainement. A la vue du programme qu'elle m'a concocté, l’espace d’un instant, je me suis demandé si elle n’avait pas confondu avec un plan pour le 84km !! On en rigole !!!! Le programme est chargé, je ne sais pas si j’arriverai à faire toutes les séances, mais je ferai de mon mieux, c’est promis !

J-3 semaines, j’apprends que le balisage du 12 et du 24 km est déjà opérationnel. Hop, on grimpe dans la voiture, et direction Kintzheim pour une reconnaissance du terrain. Il fait un temps magnifique, nous prenons le temps d’admirer le paysage (ce qui n’est pas toujours le cas lorsque l’on court), le balisage est top, je ne me suis même pas perdue, c’est pour dire……les femmes et le sens de l’orientation, ce n’est pas une légende.

Dimanche 7 Septembre 7H30

Nous voilà arrivés à Kintzheim, petite commune de 1600 habitants, il fait déjà bon, 17°. Nous avons déjà retiré nos dossards la veille. Tout est bien fléché, parking, consignes, départ, arrivée, difficile de se perdre.  Même pour aller jusqu’à la bière, c’est fléché !!!!! Petit échauffement avant de démarrer, car dès le début du parcours, ça monte. Alors pas question de partir comme ça à froid.

Yannick, mon mari, m’accompagne jusqu’à la ligne de départ. Lui ne partira que dans une heure. Longtemps blessé, il a sagement opté pour le 12km. Quelques  derniers mots d’encouragement, et je me retrouve au milieu de la foule…. Un grand moment de solitude !! Le palpitant commence à cogner. Les conseils des « grands » me reviennent à l’esprit : « ne part pas trop vite, gère bien ta course pour arriver au château avant la barrière horaire de 2h30 ». Et là, je me demande ce que je fais là : est-ce que je vais y arriver ???? Je commence à douter… Ca c’est tout moi, souvent en manque de confiance !!!

Top départ : le ton est donné, ça grimpe, mais le rythme me convient bien !! Il faut dire que je suis un vrai diesel, comme d’habitude, il va me falloir de longues minutes avant de me sentir bien.

Un petit kilomètre dans le village, ensuite on monte dans les vignes avant de redescendre en direction de Chatenois et remonter par un chemin forestier. 1km après le premier ravito, nous entamons la montée au Hahnenberg par un single. Pas moyen de courir, tout le monde marche dans la montée, on profite pour papoter un peu, et oui je suis une vraie fille… Ca fait passer le temps. Je sais que je pourrai récupérer juste après, car il y a une première descente, mais très technique avec de grosses pierres. Ca déboule de tous les côtés, je fais attention où je mets les pieds pour ne pas risquer une entorse, et me voilà arrivée à la montagne des singes en 1h07. 2ème ravito,  je pense à Yannick qui a déjà démarré le 12km, et c’est à cet endroit même que lui va redescendre sur Kintzheim , le veinard, alors que moi je dois continuer.

Nous continuons dans la forêt, un vrai bonheur d’être sous les arbres, et pourtant je me demande si mon cerveau n’est pas en train de déconnecter, car je suis en extase devant les nombreuses toiles d’araignée pleines de rosée, sur les feuilles de fougères. Détails insignifiants, mais la nature est tellement belle qu’elle mérite bien quelques secondes de notre vie !!! Sortez les mouchoirs et revenons aux choses sérieuses.

Au détour d’un virage, le château est là juste en face de nous, j’oublie la fatigue quelques instants et j’essaie de m’accrocher avec un groupe de filles. Je sais qu’il y a la barrière horaire, alors comme diraient les gars du club « faut envoyer du lourd », traduction : bouge-toi les fesses ma grande !! Les choses sérieuses commencent. Il y a 5 kilomètres de montée, tout le monde est en mode « marche » avant d’attaquer un nouveau single. Je commence à entendre les voitures sur la route qui monte au château, la délivrance est proche, je sais qu’on est presque en haut et pourtant je n’ai pas fait le plus dur. Nous traversons la route une première fois.

3ème ravito, barrière horaire franchie en 2h06, ouf je respire !!

Nous traversons la route une deuxième fois, plus que quelques centaines de mètres, et le château du Haut Koenigsbourg est là. Nous franchissons une petite porte, montons des escaliers, empruntons des passages habituellement interdits au public, des bénévoles en costumes et  un groupe de musique médiéval nous attendent. Une belle récompense pour les efforts fournis !!

A peine sortis du château, il faut redescendre par un petit  escalier. Juste devant nous, la joélette  de l’association Dunes d’espoir est là, ils peinent pour descendre ces quelques marches, mais  nous les encourageons pour leurs efforts et leur solidarité. On attaque le retour, c’est là que mon calvaire démarre : 8 km de descente, ça me tue les jambes !!

Retour à la montagne des singes, dernier ravito,  il reste 3 km, les plus longs de ma vie. Une dernière desccente technique, cailloux, racines, j’ai peur pour mes genoux (mauvais souvenirs), et nous revenons dans les vignes. A 400m de l’arrivée, j’aperçois Yannick qui m’attend sagement  au soleil. Il m’accompagne pour les derniers mètres, à ce moment précis je prends conscience de la chance que j’ai de pouvoir partager ça en famille !!

Je franchis la ligne d’arrivée avec le sourire : 3h07 ! 

Yannick, est ravi lui aussi, 12km en 1h20 pour une reprise et sans entrainement, je suis vraiment contente pour lui !!


Prochaines résolutions: travailler les descentes, continuer à renforcer les genoux pour ne plus avoir peur, faire plus de sorties longues, choisir des vêtements qui ne provoquent pas de brulures… (ca c’est les surprises d’après course), penser à mettre de la crème sur TOUS LES ORTEILS, mais surtout continuer à s’éclater sur des distances similaires… voire peut-être plus, mais pas tout de suite !

En conclusion : ce fut un beau weekend en Alsace, ponctué de longues montées, de terribles descentes, et bien sûr d’une bonne bière à l’arrivée (même sans les flèches jaunes, je l’aurai trouvée ;-) ). Une organisation sans failles, un balisage impeccable, des bénévoles forts sympathiques, et  cerise sur le gâteau : la traversée du château.  Bref, à refaire !!!!

Un ENORME MERCI à mes guides spirituels  pour les entrainements, les conseils et messages d’encouragements. Le maître mot était : s’éclater. Mission accomplie !!!

Courchevel X-Trail 54 KM : le récit de John

publié le 27 août 2014 à 03:25 par courir a metz Metropole   [ mis à jour le·28 oct. 2014 à 04:36 par Bertrand DECHERY ]

Durant la période estivale, alors que certains recherchent les plus belles plages pour bronzer, d'autres se lancent dans des défis sportifs en montagne. C'est la cas de John, qui a pris le départ du X-Trail (54 KM et 4400 D+) le 03 août dernier, à Courchevel. Certains d'entre vous ont certainement pu le croiser lors de sa préparation, pendant les sorties trail des samedis et dimanches matins, sa bonne humeur et sa sympathie ne passant pas inaperçues. Il nous livre son récit, avec une touche d'humour et de légèreté pour masquer la sueur de l'épreuve. 

En 2012, par hasard, au détour d’un séjour au Parc Naturel de la Vanoise, j’assiste à l’arrivée fraîche et enjouée de ce bon vieux Dawa (ndlr : Dawa Sherpa, traileur de haut niveau) sur la boucle du 54K-4400D+ du Xtrail. En levant la tête, je découvre les données de ce parcours qui me semble déjà hors normes. Je me promets donc de l’inscrire à ma « to do list », à côté de la pratique du poney sur glace et juste derrière le saut en parachute sans parachute. 2014 sera l’année du face à face...

La préparation 

On commencera pourtant l’année par la pire année de ma vie de coureur mais la plus belle de mon existence, je deviens papa d’une petite Nina...je commence donc à fractionner…mes nuits…et travaille ma descente …de verres…un entrainement spécifique assez peu payant, il faut le reconnaître, qui m’a donc contraint, dés le mois de Mai, à mettre les bouchées doubles pour espérer faire une préparation correcte.

Au programme : Du long, du long, de la bosse, des week ends en "Vosgie", le Trail de la Vallée des Lacs (52k-2500D+), le Trail du Pays Welche (54k-2200D+), le Trail des Marcaires, celui du Saint-Quentin (ndlr : le meilleur) ... et du rab’ avec les sorties du Dimanche animées par Jean-Luc. Bref, on mange de la motte de terre, de solides raidillons pour rattraper le retard...Tant pis pour la VMA, trop tard, vu le profil ça courra peu.

Grand réconfort, lorsque j'apprend que nous sommes plusieurs Mosellans à faire cette course : Benoit, Bertrand, Thomas, Jean-Luc et même Jacques qui s’inscrit finalement sur le 54K après de longues heures d’hésitations.

Arrivé le week-end du trail à Courchevel, le gîte est superbe, bien situé (merci Bertrand), les repas légers d’avant compétition sont savamment étudiés (tartiflette-bière par le Chef Thomas, Pâtes bolognaise par le Chef Jean-Luc…) Le top je vous dis, le top… !

Un parcours exigeant mais magnifique


Jour J : Nous y voilà, 2h du matin sonne, ça s’active dans l’appart, enfin…une partie de l’appart, la partie qui se lancera sur les 54K à 4h avec Jean-Luc, Jacques et moi-même (ndlr : les autres préférant se limiter au parcours de 33 KM et 2200 D+). Petit coup d’œil par la fenêtre, c’est le déluge…après les orages de la veille, la pluie s’abat sur le départ, ça promet…et effectivement…Ce départ donnera le ton : pluie, brouillard et ascension de 1300m pour la mise en jambe...J’ai connu des réveils plus sympas…Je regrette presque le réveil matin avec « Balavoine » imposé par Thomas…euh, non finalement je ne regrette pas :).. Les 2 premières heures s’enchainent assez vite, ça monte dur, c’est technique et les barrières horaires nous regardent de prés…L’organisation a prévu un chrono relativement serré pour assurer des conditions optimales de sécurité. Je ne vois plus Jean-Luc, ni Jacques… Je commence à m’inquiéter pour eux et leurs passages aux barrières horaires. On ne se retrouvera finalement pas. Quel dommage !

Je m’aperçois assez vite que ce trail n’est absolument pas roulant : ça enchaine côtes techniques interminables et descentes sinueuses dans la rocaille…le décor humide est pourtant magnifique, les nuages s’accrochent aux versants saillants des différents pics de la Vanoise…c’est magnifique…je ne regrette pas…des névés, des pierriers, de l’altitude (passage à 2800m)... Le parcours est dur, exigeant mais époustouflant. Les Km ne défilent pas beaucoup et le chrono semble arrêté, mais peu importe : quelle chance de pouvoir profiter d’un parcours 100% alpin, assez souvent en solitaire, particulièrement changeant. Le ciel se lève aux alentours de 13h, me laissant apprécier d’autant plus les quelques heures qui me séparent de l’arrivée. Les jambes répondent encore assez bien jusqu’à la fin même si l’alimentation devient difficile. J’essuie quelques coups de bambous bien sentis mais je tiens bon avec un jeune couple en préparation de l’UTMB avec lequel on se marre bien.

Ce sera finalement une arrivée à 16h après 12h d’effort, conforme à mes prévisions. Un chrono qui peut paraître excessif vu la distance mais la technicité empêchait tout emballement, et peut-être tant mieux, car au final, 12h passé au cœur du Parc de la Vanoise ? Il y a pire, non (Cf. réveil avec Ballavoine)? Beaucoup de recalés aux barrières horaires (environ 60), l’année prochaine ce trail necessitera 1 point ITRA que je pense largement justifié.

J’en tirerai cependant une conclusion sans équivoque : l’auteur du parcours a sûrement subi une rupture amoureuse difficile cette année pour nous imposer cela. Content d’avoir vécu ces bons moments avec cette équipe. L’année prochaine, Trail des aiguilles Rouges (50K-4000D+) ?

Retours sur l'UTAT

publié le 11 nov. 2013 à 08:32 par courir a metz Metropole   [ mis à jour le·14 sept. 2014 à 08:07 par Bertrand DECHERY ]

Cette année, 3 sociétaires de l'A2M (Jean-Luc, Bertrand et Benoît) se sont programmés le 3 octobre dernier un nouveau défi, traverser la chaîne de l'Atlas au Maroc, autour de son sommet culminant, le mont Toubkal, et évidemment non pas à dos d'éléphant comme l'aurait fait Hannibal en son temps, mais bien à pied dans le cadre d'un ultra-trail de 105Km et 6500D+ appelé UTAT (>> lien vers le site de l'UTAT).

Au programme, 3 sommets de 3000 mètres et un point culminant, le Tizi n'Tarahate pointant à 3456 m d'altitude avec l'essentiel des difficultés regroupées sur la seconde moitié du parcours.

Voici leurs "ultra" longs récits : 

Ultra Trail Atlas Toubkal

Le récit de Bertrand et Benoît

Le départ s'effectue d'Oukaïmeden, la principale ... station de ski du Maroc, le village culminant à 2500 mètres est situé à 1H30 de bus de Marrakech. Car oui au Maroc aussi on peut skier ! Voici pour preuve le plan des pistes de cette petite station où on peut y trouver un Club Alpin Français dont le gîte sert de dortoir à l'organisation et à quelques coureurs de cet ultra, les autres coureurs dormant en tente un peu plus loin.

Tous les participants pour l’ultra trail ou pour les distances plus courtes (42Km et 26km) arrivent progressivement les mardi et mercredi au gré des atterrissages d’avion dont les horaires ont pu être décalés jusqu’à la dernière minute comme pour Bertrand qui finalement arrivera à la station mercredi à 20H pour la course le lendemain à l’aube. Jean-Luc et Benoît quant à eux étaient arrivés la veille et ont ainsi pu se remettre d’une tourista contractée … en région parisienne ! Le 4ème compagnon de chambrée sera un sympathique sexagénaire landais, Jean-Marie, dont la capacité de parole était proportionnelle à sa faculté de perdre ou oublier ses affaires.

Le départ de la course s’effectue jeudi matin à 6H00 avant le lever du soleil. Les conditions météo sont optimales : Il fait doux à 2600 mètres d’altitude ce qui augure d’une belle journée ensoleillée et chaude. Nous commençons par une belle montée large et progressive jusqu’à 3000 mètres d’altitude pour nous retrouver à l'aube au dessus des nuages.


Nous entamons alors une grande descente, traversant les premiers villages et devenant peu à peu de plus en plus technique, la chaleur augmentant au fur et à mesure. AU CP2 après 20Km, les participants du 42Km partis en même temps que nous quittent, ce qui fait que nous nous retrouvons plus facilement seuls. Heureusement, le balisage est conséquent et permet de se concentrer sur le parcours à moins d’une faute d’inattention (c’est arrivé à Benoît !). 

La première montée technique arrive après le 20ème kilomètre, Benoît sort ses bâtons (les « minimalistes » Jean-Luc et Bertrand préférant s’en remettre à leurs seules jambes tout au long de la course). Nous traversons des paysages montagneux très arides et quelques villages encore alimentés en électricité et les points d’eau sont plutôt rares.

Le CP3 est au 30ème km. Nous devons effectuer nos provisions d’eau et de nourriture car le prochain CP liquide et solide se situe 38km plus loin. Ces 38 km exigent 7 à 8h pour être parcourus, alors que nous arrivons au zénith de la journée au plus bas du parcours (1500 m d’altitude) et qu’il fait aux alentours de 30°C ! La notion  d’autosuffisance prend ici tout son sens et nous comprenons pourquoi les pastilles de purification d’eau font partie du matériel obligatoire : Bertrand a pour sa part remplit son camelback dans une rivière afin d’éviter la pénurie... Nous croisons en repartant le premier abandon de cet ultra-trail qui dans une descente très pentue s’est cogné le front et saigne abondamment mais sa blessure sera plus spectaculaire que grave. Il n’a pas le choix : il doit effectuer quelques kilomètres en sens inverse pour revenir au CP3 afin d’être pris en charge par l’organisation. Dans ce genre d’ultra en milieu reculé et hostile, la semi-autonomie prend à nouveau  tout son sens et chacun doit pouvoir se gérer au plus possible.

La suite du parcours est quasiment une succession de montées de plus en plus pentues nous faisant passer de 1600 mètres à 3000 mètres en un peu moins de 30Km. Nous traversons alors des villages berbères perdus au milieu de nulle part qui semblent directement sortis des montagnes, où les enfants aux vêtements salis nous regardent comme des bêtes curieuses et quémandant rarement quelques bonbons que nous n’avons pas. Les commerçants bien malins quant à eux se postent à un sommet avec des seaux remplis de boissons gazeuses que les coureurs déshydratés par la chaleur et l’effort ne manqueront pas d’acheter.

Benoît aurait peut-être dû en profiter car au 50ème km au CP4, il renoncera à continuer pris d’un coup de chaud et certainement impressionné par le mur de 600 mètres de D+ qui se trouve en face de lui où aucun chemin ne semble tracé. Son périple ne s’arrêtera pas là car, après une nuit passée en tente, il lui faudra avec les quelques autres compagnons d’infortune retourner au CP3 situé à une vingtaine de km pour être réacheminé à Oukaïmeden. 

Jean-Luc et Bertrand continuent quant à eux leur périple avec des fortunes diverses, Bertrand étant pris de crampes dès le 35ème km qui le contraindront à continuer en marchant. Ces douleurs aux jambes ont d’ailleurs failli avoir raison de son moral : les 40 km sous le soleil traversés péniblement dans la caillasse, sans ravitaillement, lui ont également donné l’envie d’abandonner. Néanmoins, comme l’indique Benoit, l’abandon sur l’UTAT n’est pas non plus chose facile et Bertrand a préféré faire 20 km plus loin jusqu’au prochain ravitaillement, qui fut salutaire pour ses jambes et son moral.

En effet, au 68ème Km les participants ont la possibilité de bien se restaurer et, s’ils le souhaitent, de se reposer sous tente, pour reprendre des forces afin de s’attaquer au point culminant du parcours, le Tizi n'Tarahate dont le sommet se trouve à plus de 3500 mètres. Bertrand en profite pour se reposer 45 mn et faire le point sur la situation : continuer ou arrêter ? Après 4 bols de soupe aux pâtes, le oui l’emporte de peu et Bertrand se remet en route en sachant que la suite va être très difficile. Au pied du Tizi n'Tarahate, il fait déjà nuit et nous avons près de 80 km dans les pattes. Au loin nous voyons les lumières éparses des lampes frontales de ceux qui sont déjà en train de gravir ce col. Ils semblent si loin, et si haut ! L’ascension se fait à un prudemment, et au-delà de 3000m, le souffle se fait court. A mesure que nous prenons de l’altitude, les conditions climatiques sont difficiles. Le sommet est balayé par un vent glacial et l’oxygène se raréfie, la plupart des concurrents le ressentent, nottament de nuit. C’est un vrai contraste avec la chaleur de la journée, il faut sortir gants, bonnet, pull, etc...

L’ascension en elle-même fut très éprouvante mais que dire de la descente, très technique, pierreuse et hyper pentue : 1200 m sur 4 km ! On démarre par une main courante qui longe les parois, puis c’est le pierrier. Il n’est guère possible de courir sans risquer de chuter lourdement, comme cela fut le cas pour notre compagnon de chambrée Jean-Marie qui se retrouvera avec un beau cocard à l’œil gauche tel un boxeur (Le landais abandonnera d’ailleurs  par KO au 88èmeKm). Pour Bertrand, ce passage exigera près de 3h d’efforts et sera vécu comme un cauchemar de trailer : il tombe plusieurs fois ; à chaque pas, il dérape, glisse, tape une pierre … La faute à la nuit, le froid, la fatigue, les mauvais appuis, le terrain technique. 

La descente se poursuit sur quelques kilomètres un peu moins techniques puis nous entrons dans le village d’Imlil. Après avoir traversé des villages reculés et très pauvres, il s’agit ici d’une petite ville touristique, avec des routes, des voitures, des gîtes…  Le ravitaillement tant attendu, signe de chaleur, de repos, de nourriture, semble n’être jamais au bout du chemin : nous traversons des rues pendant près de 30 mn avant d’y parvenir. Ce 88ème kilomètre correspond en fait au CP12 où les participants peuvent profiter de leur sac d’allègement et se changer avant d’entamer les dernières ascensions qu’il ne faut pas négliger. Bertrand s’y arrête et s’y restaure 30 mn avant de repartir tandis que d’autres en profitent pour dormir. Les organismes sont déjà bien éprouvés et 3 cols sont encore au programme pour remonter de 1600 mètres à 3000 mètres. Et les organisateurs n’y sont pas allés de main morte car la fin du parcours reste hyper technique et très pierreuse. Les 17 km à venir demanderont ainsi pas moins de 6-7h à Bertrand, qui malgré un moral en ruine et des jambes démolies, s’étonne des capacités du corps à avancer sous la fatigue et sans sommeil. 

Les plus braves d’entre nous passeront donc avec leurs tripes ces dernières difficultés pour retrouver Oukaïmeden bardés de drapeaux marocains flottants au vent et annonçant l’arrivée finale. Celle-ci sera franchie au bout de 12h49 heures d’effort pour le vainqueur et près de 36 heures pour la dernière, une italienne très motivée et bien valeureuse car déjà seule dès le 40ème km. Nos messins quant à eux seront finishers en environ 24 heures pour Jean-Luc et 27 heures pour Bertrand. 
Le traditionnel couscous est alors offert aux coureurs multi-courbaturés en guise de dernier repas avant de penser à repartir le lendemain pour leur pays. 
Mais nos 3 mosellans ne manqueront pas de boire un thé à la menthe avant de reprendre le bus du retour, histoire de profiter des derniers rayons de soleil Marocains tout en se narrant leurs aventures respectives parsemées de beaux souvenirs que nous tentons de partager via ce récit illustré de nos quelques photos.


Les impressions de Jean-Luc

-5h45, il faut y aller les gars.

Nous quittons le confort de la chambre pour le froid du petit matin. Il fait nuit, nous entrons dans le sas de départ. Dernière photo et derniers encouragements mutuels. Il est 6h, c'est parti!

D'un commun accord nous prenons un départ tranquille car avec les marathoniens nous sommes nombreux sur la piste qui monte déjà sur 8km vers le premier col.

Il est atteint lorsque le jour se lève, et nous offre un panorama à couper le souffle; la plaine de Marrakech dans les nuages s'étale à nos pieds. Sur la crête, nous passons le PC1. Benoît et Bertrand, légèrement en retrait, prennent les premières photos d'une longue série.

On bascule dans la vallée de l'oued Ourika par un long chemin en lacets. J'accélère très légèrement, ce qui me permet de reprendre quelques coureurs  dans la descente. La piste se réduit à un sentier très pentu avant la traversée des cultures en terrasses qui surplombent le village d'Agouns. 

Ébloui par ce paysage magnifique, en manque de vigilance, je me retrouve par terre après une belle glissade sur les cailloux. Nous n'avons pas encore parcouru 20 km et je tombe déjà! Je vais devoir faire attention et être plus concentré dans les descentes. Tant pis pour le décor!


Un beau parcours tout en creux et en bosses en fond de vallée le long de l'oued nous mène au contrôle 2 où nous nous séparons des marathoniens.
Le reste de la vallée se prolonge par des traversées de villages où des grappes de jeunes enfants très pauvrement vêtus nous accueillent tout sourire en frappant dans nos mains lors de notre passage. En bout de vallée, nous empruntons une longue piste très roulante (la dernière).


J'accélère encore un peu et passe des concurrents qui marchent déjà, je continue mon effort, le PC 3 et en vue.
Arrivé au contrôle qui fait office de ravitaillement en liquide je me jette sur le coca : "Ah! Il est bien frais!"


Je me pose quelques minutes pour me restaurer et vider mes chaussures de tous les cailloux amassés  depuis le départ. Je fais le plein de ma poche à eau et des deux bidons vides que j'ai pris soin d'emporter en prévision des 38km qui nous séparent du prochain ravitaillement.
Je demande mon classement au contrôleur. "45ème, c'est bien, courage pour la suite..."

Dans la descente qui suit je reprends une autre barre céréale, j'ai encore faim... Le sentier très pentu nous mène vers le gué de l'Ourika. En passant la rivière je loupe un appuis sur une pierre et finis la traversée les deux pieds mouillés !

Après le village de Tamatert, nous montons au col par un petit raidillon bien cassant. Le terrain devient plus exigeant, nous sommes maintenant dans une des régions les plus reculée de l'Atlas et pendant 40km la course alterne sentiers sinueux et pierriers.

Un autre col, une autre vallée, PC4. Un autre col, une autre vallée, PC 5...
Nous traversons un autre oued dans une jolie vallée entre les cultures et atteignons le contrôle 6 qui est le deuxième ravitaillement solide au 68ème km. Ici il y a de la soupe, j'en prends deux bols qui me rassasient. Je resterais bien un peu plus longtemps assis sur ce matelas si confortable mais d'autres coureurs arrivent par petits groupes; il faut repartir si je veux garder mon classement...

Prochain ravitaillement en eau dans 20km et 1300 m de dénivelé positif; je refais le plein.
En fond de vallée je croise des jeunes filles chargées d'un énorme ballot de fourrage. Elles sont précédées par quelques maigres vaches. Nous ne pouvons pas circuler à deux de front sur le sentier et je m'écarte car les bêtes continuent leur chemin sans la moindre considération pour un trailleur fatigué.


Avec un beau sourire, les berbères m'invitent à poursuivre ma route. "Choukrane !" ( « merci » en berbère).

Fier de les avoir surprises par mes connaissances linguistique ( un mot!) j'entame la courte montée du Tizi n'tTifourhate, passe par le PC7 et redescend vers le contrôle 8 au pied du géant du jour, le col du Tizi n'Tarharate à 3456m d'altitude. Le contrôleur me montre un col face à nous sur lequel on devine une tente. "C'est le PC 9, arrivé là il te restera 300m de dénivelé à gravir pour attaquer la grande descente. Bon courage!"

Avant d'entamer la montée, j'essaye de manger mais la barre à du mal à passer, je dois boire une gorgée d'eau à chaque bouchée.
La nuit tombe, je prépare ma frontale. L’ascension se passe bien, je prends un rythme régulier mais le terrain est de plus en plus raide et le vent se lève, je fais une pause pour passer un coupe vent.

Les lumières de la tente du PC sont comme un phare dans la nuit mais malgré ma bonne allure j'ai la désagréable sensation de les voir reculer...
Plus je monte, plus le vent est violent et plus j'ai froid. Des lumières commencent à se rapprocher derrière moi, il ne faut pas s'arrêter avant le col!
Enfin la tente est devant moi, je grelotte "Je peux entrer pour mettre ma veste?"

A l'intérieur il fait presque chaud. Trois muletiers sont assis autour d'une marmite. Ce point de contrôle n'est pas un ravitaillement mais un peu de soupe me ferait le plus grand bien...
Un berbère m'en tend une assiette que j’accepte avec un grand choukrane qui le fait sourire. Ils échangent quelques mots entre eux; je pense que je suis en train de me faire chambrer gentiment mais la soupe est bonne et à ce moment, pour moi c'est le principal.
J'enfile ma veste par dessus le coupe vent et je ne m’attarde pas, il reste 300m de D+ pour être en haut.

Je sors, il fait toujours aussi froid, la tente est battue par les vents, le contrôleur emmitouflé dans sa doudoune me lance un: "Allez, courage!" 
"Merci, bonne nuit." Et je repars
.
Le sommet est atteint rapidement, PC 10 il fait moins froid qu'au col, un médecin me pose des questions sur ma course pour vérifier si tout va bien et me conseille d'entamer doucement l’impressionnante descente technique qui m'attend.
Je cours tranquillement, le terrain est très instable et change de nature à chaque virage; cailloux, gravillons, blocs de pierre... Tous les appuis demandent une attention particulière.

Après quelques lacets j’aperçois plus bas une lumière, je m'en approche régulièrement. Arrivé à sa hauteur le coureur me laisse passer "Ça va?"
"Oui mais c'est long !" C'est vrai qu'elle est longue cette descente, 1200 de D- sur 4km.

Un petit replat est le bienvenu, j'en profite pour m'arrêter et prendre un gel, il tombe dans un grand trou, mon estomac est un puits sans fond...
Trois autres frontales en vue, je les rattrape rapidement, ce sont des italiens "Ça va?"
"Si, si, mais c'est long..."

C'est interminable...
Le 11ème PC est au milieu de la descente, le contrôleur m'encourage à rester prudent mais la suite est moins raide, le sentier s’élargit, tout va bien, j'accélère.
Le village d'Imlil n'est plus qu'à 6km, on y trouvera le ravitaillement le plus important de la course, mon sac de change m'y attend.
Je vais remplacer les piles de ma lampe, car elle semble faiblir.

A l'entrée du village je retrouve un couple qui m'a doublé en début d'après midi. Nous engageons la conversation et nous sommes d'accord pour dire que nous venons de passer la plus grande difficulté du parcours.
Nous cheminons ensemble sur le sentier bordé de noyers et retrouvons le goudron à l'entrée du village.
Le PC 12 est installé dans l'entrée d'un gîte d'étape. Enfin un peu de confort : une grande table bien garnie nous attend, fruits frais, barres céréales, chocolat...
Je vide trois verres de soda orange, deux bols d’excellente soupe pommes de terre carottes mais l'assiette de pâtes ne passe pas.
Certains coureurs se changent, j'ai des échauffements sous les pieds depuis de nombreux kilomètres mais je n'ose pas enlever mes chaussures, je finirai comme ça.
Il me manque une pile pour la lampe, je n'en change que deux...
Je quitte rapidement la chaleur de ce refuge et repart dans la nuit à travers le village endormi.

La suite de la course se prolonge dans la vallée au bord de l'oued jusqu'au village d'Aguersioual qui marque le début de l’ascension de l'avant dernier col. Dans la montée je suis rattrapé par les trois italiens qui me doublent facilement, suivis de près par une concurrente hollandaise. Je lui emboîte le pas, j'essaye de tenir la cadence,  elle va  vite, de plus ma frontale donne d'inquiétants signes de fatigue, j'ai beaucoup de mal à voir le balisage fluo.
Dans la courte descente suivante la traileuse batave s'envole, je ne vois plus rien.

La dernière côte est devant moi; 9km et 1000m de D+ pour atteindre la ligne d'arrivée sur le plateau d'Oukaïmaden.
Je dois attendre un coureur pour poursuivre dans ses pas et profiter du halo de sa frontale mais lui aussi est trop rapide et il me lâche facilement. Je temporise encore jusqu'au suivant. Je suis à la limite de la panique, finir de cette façon n'a rien pour me réjouir.
Celui là me propose ses piles de rechange. Le temps pris pour les remplacer il est déjà loin.

Enfin je repart dans de bonnes conditions, ces arrêts forcés ont été bénéfiques, je rejoint bientôt mon 'sauveur'. "On finit ensemble?"
"Non je suis cuit, maintenant que tu vois clair, vas-y"

Je poursuis ma route et distingue, un lacet au dessus de moi, les lueurs émises par les lampes des trois transalpins; j'allonge le pas.
Nous passons ensemble entre les mâts des drapeaux marquant le sommet.
Au loin dans la plaine, le campement, l'arrivée! Je force l'allure, distance le groupe, loupe une marque du balisage, quitte le chemin mais le terrain est stable, je vise les tentes et lâche tout. Dans la pente, je reprends encore trois coureurs, ils s'accrochent, je les sens derrière moi.A l'entrée du village, je sprinte et passe la ligne une minute avant eux.

Ça y est, c'est fini!!!
Je me sens étonnement frais, satisfait de ma course, il est 6h20 et je n'ai pas sommeil...

Les photos


Festival des templiers 2013, Julien Sapy

publié le 3 nov. 2013 à 14:33 par Bertrand DECHERY   [ mis à jour : 3 nov. 2013 à 14:52 ]


Millau (12), dimanche 27 Octobre 2013 - 5h00 du matin.
Je l'attendais ce moment où je pourrai être de nouveau au départ des Templiers !

Me voilà dans le SAS Elite avec pleins de visages familiers !... Evidemment, il s'agit de la course où les meilleurs trailers français se retrouvent !
Je rencontre tout d'abord Benjamin Choquert, puis Fabien Chartoire, Yoann Stuck, Clément Petitjean, Benjamin Bellamy.... On attend tous avec impatience que le départ soit donné... La musique "Ameno" (ERA) est lancée et c'est à travers un nuage de fumigène rouge que nous nous élançons devant 2500 trailers !

Tout de suite un bon rythme de 16-17Km/h est donné sur les 2 premiers kilomètres de bitume. Arrivé au pied de la 1ère ascension, je me retrouve avec Clément Petitjean et Sébastien Spehler, et cela jusqu'au 1er ravitaillement de la course situé à Peyreleau (KM22).
Juste le temps pour moi de prendre un gobelet de Coca et hop ! Me voilà reparti... A ce moment-là, les différents pelotons constitués initialement ont été chamboulés... Chacun prenant soin de se ravitailler à sa façon...

Je me retrouve en quittant Peyreleau avec Benjamin Bellamy et Benjamin Choquert, suivi immédiatement de Sébastien Spehler et Clément Petitjean... Ces derniers ne tarderont pas à augmenter leurs rythmes significativement (Peut-être un peu trop !) dans l'ascension pour rejoindre ce plateau boisé du Causse Noir.

C'est donc à deux, avec Benjamin Bellamy que l'on poursuit notre course... Pendant l'ascension pour rejoindre le 3ème ravitaillement (KM45) à Pierrefiche-du-Larzac, Benjamin Bellamy me distance doucement, puis Julien Jorro me double à son tour... Quelques minutes après, je récupère Benjamin Choquert et je l'encourage car il semblait vraiment être dans le dur! "J'ai plus rien dans le sac!" me dit-il... J'ai également galéré dans cette montée avec notamment des début de crampes à l'intérieur des cuisses!... Le 3ème ravitaillement arrive à point... Tout juste arrivé, j'aperçois Benjamin Bellamy qui repart!


Mon assistance de choc composée de Fred et Julie me remet sur pieds! J'ai encore du peps et je maintiens un bon rythme... 

Le public m'annonce ma position qui ne fait que s'améliorer au fil des bornes suite aux différents abandons des coureurs de têtes... 
Puis il s'agit d'entamer l'ascension où la course s'est jouée pour la gagne ! Celle où Miguel Heras a complètement explosé... pour rallier le dernier point de ravitaillement (KM65) à Le Cade.... J'entame la 1ère partie, porté par l'euphorie des encouragements du public dont Romuald De Paepe... Et alors je me retrouve seul contre moi-même dans le dur ! Le soleil cogne! Certes, j'adore le soleil... Le problème étant ici que je suis à sec au niveau de l'eau !! Je pensais réaliser la transition Pierrefiche/Le Cade avec 1 litre facilement.... 250m D+ à faire sans eau, en plein caniard ! Plus je me rapproche du sommet et plus je perd de la lucidité....

Et finalement, me voilà à Le Cade.... C'est à peine si j'arrive à monter les quelques marches pour rentrer dans la salle de ravitaillement... Je me sens complètement vidé... Ma vue est troublée par des tâches noires qui apparaissent et disparaissent aussitôt... Ce qui est sûr, c'est que je ne veux rien lâcher ! Je prend quelques minutes pour m’asseoir, manger et boire.... Environs précieuses 15 minutes de perdu à Le Cade... Puis environs encore 15 autres en marchant à 2 Km/h sur un faux plat descendant en quittant ce point.. C'est à ce moment-là que Nuria Picas et Benjamin Choquert repasse devant moi.

Alors mon hydratation et ma glycémie sont revenue à la normale... A ce moment-là, Yoann Stuck me rejoint puis on décide de finir ensemble. Je retrouve ma lucidité malgré la fatigue musculaire intense... Avec Yoann, on se motivait mutuellement dans cette dernière et ultime montée de 300m D+ typée Kilomètre Verticale.. Puis finalement, les 3 derniers kilomètres de descente où je retrouve mon agilité et du dynamisme... Alors il me reste plus que la dernière petite boucle pour traverser cette arche mythique des Templiers ! Une grande émotion de satisfaction m'envahit !!



Je suis Finisher des Templiers 2013 à la 42ème place en 8h17' ! 
J'éprouve alors une petite déception du compétiteur que je suis.... Car le Top 25 était possible sans cette défaillance à Le Cade (environs 30-40 minutes de perdu)  Mais JE REVIENDRAI aux Templiers alors tout sera possible !

Un grand MERCI à Fred et Julie (Team My Sport) qui m'ont permis de courir dans des conditions optimales ! Félicitations et une bonne récupération à tous les copains Finishers de ce magnifique Trail! 

Julien SAPY

La 6000 D : un glacier et 35°C

publié le 29 juil. 2013 à 06:11 par courir a metz Metropole   [ mis à jour : 19 juin 2014 à 23:56 ]

La >> 6000 D est une des plus anciennes courses de montagne de France
 (24ème édition en 2013) et tire son nom des 6000 mètres de dénivelés positifs et négatifs qui attendaient à l’origine les coureurs sur le parcours. Au fil des ans, le tracé s’est allongé et compte désormais 63-64 km pour 3500 m de d+ et 3500 m de d- (d’après les montres de plusieurs coureurs) : il faudrait la renommer en 7000 D ;-) ! 

Mon objectif du mois de juillet était en fait l’Aneto Trail dans les Pyrénées. La course aurait dû avoir lieu le 13 juillet mais a été annulée suite aux graves intempéries survenues dans la zone (ponts et routes arrachés, villages endommagés, etc). Je décide donc de rejoindre Benoît sur la 6000 D car les inscriptions sont encore possibles jusqu’à la mi-juillet, une chance ! Cela me permet également de bénéficier de 2 semaines supplémentaires pour me préparer, la 6000 D ayant lieu le 27 juillet :-) 

J’appréhende cette course car il s’agit de faire 30 km de montée puis 30 km de descente. Je n’ai pas l’habitude de ce genre de profils et j’ai peur de souffrir dans les descentes. Benoît quant à lui a fait la TGV (Tour des Glaciers de la Vanoise, 63 km et 3800 d+) fin juin. Il a bien du courage (et de l’inconscience ;-) ?) d’enchaîner 2 grosses courses en un mois !

En route vers La Plagne

Pour ma part je fais le trajet en train et à partir de Lyon, la clim ne fonctionne plus, les 3 dernières heures de voyage se font dans une chaleur étouffante. En changeant de compartiment pour chercher de la fraîcheur, je rencontre 2 traileurs, l’un breton, l’autre francilien, qui font la même course et sont aussi inscrits au Grand Raid de la Réunion, communément appelée la Diagonale des Fous, qui aura lieu mi octobre. Le breton a déjà fini 41ème du Grand Raid en 2010, il a du niveau le garçon ! 

Vue de l'appartement

Au loin, le Mont-Blanc

Arrivé au village d’Aime, Benoît m’attend à la gare. Nous allons chercher mon dossard puis passons à la Pasta Party pour remplir nos estomacs des indispensables glucides lents. On se rend compte que l’organisation est bien rodée et dispose de gros moyens. Les bénévoles sont nombreux et sympas. On rejoint finalement notre appartement loué à la station de La Plagne, à 2000 m d’altitude, ce qui nous permettra de passer une nuit plus fraîche que dans la vallée déjà surchauffée en cette période de canicule. La vue sur les montagnes est très belle et nous pouvons apercevoir le majestueux Mont Blanc à peine couvert par un cumulus au détour d’un virage lors de la montée en voiture vers La Plagne. Nous sommes 2 et il y a de la place pour 8 dans l’appart, on peut étaler nos affaires ! Au dodo à 21h30-22h, réveil réglé à 4h. 

Et c'est parti pour 60 bornes

Samedi matin : pour une fois j’ai plutôt bien dormi la veille d’une course. Benoît semble avoir eu le sommeil plus difficile :-) Le temps d’avaler le petit-déjeuner, on redescend dans la vallée pour prendre le départ à Aime à 6h00. Il fait déjà doux et la météo est annoncée comme caniculaire… Pour cette course, je n’ai pas vraiment d’objectif, mais un chrono en moins de 10h me semble réalisable. Tout dépendra du parcours, selon que le terrain soit technique ou pas. Nous sommes près de 1200 sur la ligne de départ. Benoît et moi restons à l’arrière, pour éviter de partir trop vite. 

Les premiers kilomètres se font sur du plat dans le village puis laissent la place à de larges chemins forestiers, à la pente assez faible pour être courus. Comme je suis parti tout à l’arrière du peloton, je dépasse beaucoup de monde durant les 2 premières heures de montée, en prenant soin d’éviter les bâtons des coureurs qui ne savent pas les tenir ! J’arrive dans la piste de bobsleigh, la nouveauté de l’édition 2013 : une vingtaine de virages à remonter qui s’avèrent assez ludiques au final. Au premier checkpoint à la sortie de la piste, je suis classé 432ème avec 13.6 km et 1000 m D+ en 2h. 

Les 20 kms suivants d’ascension jusqu’au glacier enchaînent les côtes plus raides où on ne peut plus courir et il faut marcher à un rythme soutenu. Les chemins sont suffisamment larges pour doubler quand je veux et ne sont pas techniques. Je progresse plutôt bien. On traverse la station de La Plagne ce qui offre un répit avec un peu de plat et de descente. Une grosse marmotte nous encourage sur le parcours :-) 

Une grosse marmotte


Un peu avant la Roche de Mio, on rejoint les coureurs de la course des 2 Lacs (la petite version de la 6000 D, sur 22 km). Je suis content de réussir à en doubler alors que je suis parti pour 63 km et eux seulement 22 km ! J’arrive à la Roche de Mio en un peu moins de 4h pour 26.4 km et 2250 m D+. Je suis classé 293ème, j’ai encore dépassé 140 coureurs depuis le premier checkpoint. Je commence à sentir la chaleur et le soleil qui cogne, alors que nous sommes à plus de 2000 m. A chaque ravito, je recharge ma poche à eau. Par contre, contrairement aux autres trails que j’ai pu faire, cette fois-ci, je ne prends rien à manger hormis quelques tucs et me contente de prendre un gel par heure. Je profite également des beaux panoramas pour m’arrêter et prendre des photos de temps en temps. 

A 3000 mètres, pieds dans la neige et tête au soleil

Au fond dans les nuages, le glacier que l'on va gravir

Après la descente du Col de Chiaupe, c’est désormais le point d’orgue de la course qui nous attend : le glacier ! Alors que je débute l’ascension, je vois les 15-20 premiers de la course qui en reviennent déjà, au compte-goutte. Ce passage fait mal aux jambes, la côte est raide et se fait dans des tas de cailloux. En haut à plus de 3000m, les spectateurs venus en télésiège nous attendent en tshirt, comme quoi la météo est vraiment très chaude. La vue est magnifique, des joueurs de tambours nous soutiennent, belle ambiance dans la neige ! Je passe le checkpoint de la mi-course (31km) juste sous les 5h, pile dans mon objectif de temps. Je suis 270ème. Si je gère bien, l’objectif des moins de 10h est à portée ! 

A quoi bon courir avec un mp3 ?

Sur le glacier

La redescente du glacier est la partie la plus technique de la 6000 D. La pente est raide et je descends dans la neige, soit sur les fesses quand c’est possible, soit en essayant tant bien que mal de glisser avec mes chaussures… Puis il y a un passage assez sympa dans un petit pierrier : ca change des larges chemins empruntés jusque là. En revenant au bas du glacier, je croise Benoît qui lui va débuter la montée et lui lance un « attention, la montée vers le glacier est très raide » ! Notre parcours recroise celui des 2 Lacs : je rattrape les derniers de cette course et les dépassent. Ca fait toujours plaisir après 30 km dans les pattes ! 

Le Col de l’Arpette est la dernière grosse montée, 350 m D+ assez raides. Pour ma part, j’apprécie cette partie qui vient casser la descente mais ce n’est pas l’avis de tous les coureurs. Beaucoup ont du mal à encaisser ce passage après déjà 3000 m de D+ avalés. Au checkpoint, je suis 255ème au km 42, en 6h40. Le reste de la course, c’est 20 km avec 2000 m à redescendre. De retour à La Plagne, la chaleur se fait sentir toujours plus, il est 13h00. Le public, comme tout au long de la course, nous encourage avec ferveur. Les jambes commencent à souffrir et j’ai des débuts de crampes. Heureusement, je me suis bien hydraté depuis le départ et celles-ci ne durent pas. 

Vu mon gabarit, je ne suis pas un grand descendeur, j’y vais tranquillement. Les bons descendeurs me dépassent mais je parviens de mon côté à garder un petit rythme et rattraper des coureurs fatigués. Je sens que j’ai encore de l’énergie, alors que je n’ai pas mangé aux ravitaillements. Le moral est là, par contre les muscles des cuisses souffrent ! Les 10 derniers km sont monotones, en forêt. Il y a des suites de petites bosses, de faux plats montants et de descentes en pentes douces. Le retour à Aime, au bout de 60 km, me met une claque : il fait au moins 35 degrés et je finis par marcher les 2 derniers km de plat sur la route. L’animateur annonce que j’arrive 229ème en 9h21, j’ai tout de même réussi à grappiller quelques places sur la dernière partie ! Il m’indique également qu’un autre coureur de l’Athlétisme Metz Métropole a terminé 14ème (Julien Sapy) !! Le Club est bien représenté :-) 

Notre récompense : de la bière et une fondue !

Au final, j’ai bu au moins 8 litres durant la course. J’ai pris un gel par heure et n’ai mangé qu’une quinzaine de tucs pendant les ravitaillements. Comme quoi, il est plus important d’être bien hydraté que bien alimenté sur de longues épreuves. Je me pose à l’ombre et attends Benoît qui finit en 11h45. Nous avons tous les 2 nos thirts de finishers ! Sur le chemin vers la bière on croise Julien qui se repose de sa belle course. Et au bar, je recroise le trailer breton rencontré dans le train. Lui a fini 21ème ! Pour terminer notre récupération, on choisit de faire un restaurant : une innocente fondue montagnarde avec pommes de terre et charcuterie fera office de victime expiatoire de notre fatigue. Le dimanche, mes cuisses se font sentir et j’ai du mal à marcher. Benoît quant à lui cavale dans les escaliers et pourrait refaire la 6000 D en sens inverse :-() A 9h30 nous quittons La Plagne et ses 32 degrés pour revenir doucement vers les 19 degrés pluvieux de la Lorraine …

Bertrand S et Benoit D

Respectons les proportions : un grand verre pour les grands ...

Quelques stats :

  • 1207 coureurs au départ, 901 classés à l'arrivée : 11% d'abandons, 14% hors délais (12h00 maximum pour faire la course)
  • 35°C à l'arrivée
  • 8 L d'eau bus, 16 tucs avalés, 7 gels consommés
  • Pour Benoît :  eau, 3 compotes, 3 barres, 5 gels, du cola et de la banane aux ravitos et surtout 20 trempages de la casquette dans les ruisseaux !
  • >> Le site de la 6000D

Cross du Républicain Lorrain 2012

publié le 18 nov. 2012 à 06:22 par courir a metz Metropole   [ mis à jour : 30 nov. 2012 à 04:50 ]

Retour en image sur le Cross National du Républicain Lorrain, millésime 2012. 
Météo optimale pour cette édition, 10 degrés et pas une goutte de pluie. 
Le cross des entreprises a encore battu son record avec plus de 1200 participants.

Les résultats

Le challenge des entreprises

Les podiums du challenge entreprise

Les courses des AS


Un peu de tout




Corsica Coast Race 2012

publié le 9 nov. 2012 à 15:03 par courir a metz Metropole   [ mis à jour : 18 nov. 2012 à 06:59 ]

Atterrissage pluvieux mais trail merveilleux !


 Corsica Coast Race tête de maure  


Malgré 2 années déjà passées à Chamonix à tenter et réussir pour les plus préparés les courses de l’UTMB, notre soif de Mont Blanc reste toujours vivace pour les traileurs que nous sommes. Tout le monde rêve de boucler le grand tour. Le problème, c’est que certains n’ont pas les points nécessaires pour postuler à l’UTMB. 

Motivés, nous recherchons des courses à 2 points à faire avant la fin de l’année. Quelques trails en Allemagne ou en Italie, une course de nuit sur Paris, les pistes ne sont pas forcément des plus réjouissantes. Mais une attire notre attention : la Corsica Coast Race, 97Km en 3 étapes (28, 58, et 11) proposant de relier Ajaccio à Bonifacio le long de la côte, le tout en pension complète avec hôtels 3 étoiles à la période de la Toussaint. Comble de bonheur, une marche en parallèle de la course est proposée par l’organisation pour les éventuels accompagnateurs. La décision est prise !

Il ne restera plus qu’à surveiller la météo qui semble instable pour la semaine. Tout le monde embarque bien le mercredi 31 octobre dans l’avion reliant Paris à Ajaccio. Le commandant de bord nous annonce que nous devrions éviter la grosse pluie pendant le vol malgré l’alerte orange sur le sud de la France. 

Ce fut bien le cas. En revanche, notre arrivée en Corse fut des plus mouvementées ! Après avoir déjeuné un repas quelconque à une brasserie du port où nous devinons quelques traileurs à leur tenue ou à leur sac, nous visitons les rues commerçantes d’Ajaccio sous des trombes d’eau. Nous avons le réflexe de sortir nos vestes imperméables de course pour éviter d’être détrempés et nous précipitons en courant vers la gare maritime, lieu du rendez-vous fixé à 16h00. Nous apprenons assez tard que le départ en bus s’effectuera à 18H00, ce qui ne nous réjouit guère car déjà transis de froid par les conditions climatiques, nous attendons, attendons, attendons jusqu’au départ vers un village de vacances du côté de Porticcio.

Au vu du descriptif, nous espérons du grand luxe mais nous voici en pleine nuit, sous la pluie, enjambant des piscines d’eau à la recherche de nos bungalows non chauffés, sans serviette, voire même sans draps !! L’organisation est aussi surprise des conditions d’accueil. Bref, nous nous posons des questions et nous demandons ce que nous faisons dans ce qui paraît être une belle galère !

Jeudi matin, à notre plus grande joie, la météo est clémente Voire belle. 28Km nous attendent pour cette première étape ! Nous écoutons religieusement Marc, directeur de course, avant de nous élancer dans des chemins de terre d’abord larges et très praticables. 

Cette première escapade nous fait monter progressivement à 600 mètres, la difficulté du terrain augmentant avec l'altitude, et nous offre de beaux paysages côtiers. La seconde partie de l'étape en revanche est beaucoup plus technique avec des descentes très pierreuses où la prudence est de mise. Le soleil est au rendez-vous, ouf ! Nous finissons sans trop de difficultés en moins de 4 heures et attendons alors les derniers avant de reprendre le bus, certains bronzant face au soleil Corse et buvant la bière locale à la châtaigne, d’autres piquant une tête dans la Méditerranée ou profitant des services des masseurs et podologues. 

Nous reprenons le bus direction le second village de vacances qui, fort heureusement, est d’un meilleur standing. Nous nous bâfrons du repas du soir avant d’écouter les organisateurs nous décrire le parcours de 58Km du lendemain. Il semble tellement apocalyptique qu’on nous conseille de ne pas mettre de tenue neuve !! Nous nous attendons au pire…
 Corsica Coast Race Descente


 Corsica Coast Race Rochers  Vendredi matin, le ciel est d’un bleu azuréen. Les dernières recommandations de Marc passées, notamment sur le début du parcours sur plage où il faut emprunter le premier escalier sur la gauche, nous nous élançons pour environ 9 heures de ballade. 

Évidemment, la moitié des coureurs ne voient pas ce fameux escalier, nous empruntons le suivant… puis arrivons dans le fameux maquis Corse à la recherche des balises devant nous mener à destination. Les premières hésitations commencent alors. Nous prenons un mauvais chemin. Certains préfèrent alors couper à travers le maquis qui découpe cuisses et mollets. 

Après des passages rocheux, techniques et glissants, nous rattrapons la queue de peloton et remontons un à un une partie des participants. A la faveur d’une autre plage nous reperdons de vue le bon chemin. 

Une dizaine de coureurs avec nous sont aussi désorientés. Nous rebroussons chemin et dénichons 200 mètres plus bas une balise qui permet de reprendre la bonne direction. Les kilomètres s'enchaînent ensuite par une température quasi estivale. Les coureurs ne prennent pas toujours les mêmes chemins mais aucune perte n'est à déplorer.


 Passé le ravitaillement du 25ème, nous nous retrouvons à nous enthousiasmer à chaque crique traversée, à être éblouis par les compositions rocheuses, à nous esclaffer de joie devant le coucher de soleil se réverbérant sur les pierres d’une nouvelle plage déserte ou à admirer les tours génoises dominant majestueusement le littoral. 

Nous en oublions les difficultés : le maquis continue à griffer bras et jambes mais nous n’avons plus mal ; nous sommes à la limite de l’escalade sur un passage rocheux mais sommes portés par la majesté des lieux ; les montées ne sont plus pénibles et les descentes pierreuses semblent faciles. Même les passages à gué bien vivifiants pour nos jambes sont vite évacués. Nous ne pouvons nous empêcher de nous arrêter régulièrement pour immortaliser avec nos appareils modernes les moments de beauté que nous offre cette île. 

Après quelques nouvelles interrogations sur le parcours rappelant les errances d’Astérix et Obélix en Corse, nous sortons avant la tombée de la nuit de la côte pour arriver au point final de cette étape, très heureux de la ballade proposée.
De surcroît la journée est très positive sportivement car nous obtenons nos 2 points. 
 Corsica Coast Race Plage


 Corsica Coast Race Falaise de Bonifacio
 Nous apprendrons plus tard que quelques malheureux ont dû s’arrêter pour des soucis physiques ou du fait de la barrière horaire. Seuls 34 d’entre nous sur 52 franchissent la ligne d’arrivée. Notre dernier logement, un hôtel 3 étoiles est superbe et plaisant à 2 détails près : tout le monde recherche du réseau téléphonique et certaines chambres sont déjà occupées par quelques centaines de minuscules locataires à 6 pattes et 2 antennes sur la tête. Certaines ont même droit à une fourmi-thérapie de nuit des plus désagréables ;-)

Le départ de la dernière étape étant donné à 11 heures le samedi, nous profitons du petit déjeuner en terrasse ensoleillée. Il n’y a que 12Km à effectuer pour cet ultime trail. Nous démarrons direction la plage pour un parcours rocailleux dans un premier temps où il faut, soit escalader, soit courir dans la mer. Après une succession de descentes et d'ascensions bien casse pattes agrémentées de l’inévitable maquis, lacérant encore mollets, cuisses et avant-bras (ce n’était pas le jour pour mettre un short !!!), nous effectuons une plongée vertigineuse puis remontons vers le phare de Pertusato. Nous courrons parfois sous l'ombre et l'abri des falaises, parfois au bord des précipices rocheux, la Corse à notre droite, la Sardaigne à notre gauche. 

Se dessine soudain la "sublimissime" citadelle de Bonifacio qui du haut de sa falaise semble prête à basculer vers la méditerranée. Impossible pour certains de ne pas ralentir et de contempler, c'est juste trop beau. La ligne d'arrivée est pourtant proche mais la franchir signifie la fin des émotions offertes par ces paysages. D'autres ne s'attardent pas et foncent vers la délivrance qui attend au bout du port de la ville Corse. Ils profiterons des clichés offerts par l’organisation grâce à l’omniprésent photographe qui devra un jour expliquer comment il fait pour se retrouver à tous les ravitaillements…

L'après midi s'achève par une remise de trophées des plus conviviales où tout le monde est appelé pour recevoir sa médaille. La soirée se terminera pour certains tard dans la nuit. La pluie oubliée depuis trois jours repointe le bout de son nez nous signifiant que, ça y est, nous avions assez profité de l’île de beauté la bien nommée et qu’il était temps de retrouver notre Lorraine « presque » aussi belle.


Nous ne savions pas à quoi nous attendre en arrivant mais repartons tous avec la sensation de nous être déconnectés complètement du quotidien grâce aux instants magiques offerts par ce merveilleux trail. La course aux points semble maintenant bien dérisoire et nous pensons qu’une expérience semblable est à renouveler très rapidement, peut-être dès 2013 pour une édition aux choix de 100 ou 170km…

Quatre compères au marathon Ekiden de Starsbourg

publié le 5 nov. 2012 à 14:00 par courir a metz Metropole


Sous l’impulsion de Sébastien, nous retournons à Strasbourg pour participer à l’Ekiden (marathon en relais) et goûter une nouvelle fois aux plaisirs de la gastronomie alsacienne. 

Pour l’occasion, l'habituel quatuor (Seb, Manou, François et Denis) s’est enrichi de deux coureurs bien connus : Miche La Toscane et Christophe l’infatigable. 




Malgré les conditions météo difficiles (froid glacial, 1°, vent de face pour certains, surtout côté allemand) et la monotonie du tracé (nous courons le plus souvent seuls sur de longues lignes droites), notre motivation reste intacte tout au long du parcours. 
A chaque relais, les derniers mètres se font au sprint et les passages de témoins s’accompagnent de cris d’encouragements. 

Seb, Denis et Michel ayant effectué les 3 premiers relais ont le temps de se poster à l’arrivée pour voir l’arrivée triomphale de François, le dernier relayeur qui passe la ligne avec le sourire malgré une blessure récente et une fin de parcours pleine de relance dont un bon tape-cul pour passer le Rhin  Il boucle ce marathon collectif en 2h47’47 avec une dixième place au général (sur 180 équipes). 

Cette épreuve étant une première, des problèmes d’organisation bien compréhensibles, ont permis d’alimenter les discussions d’après course, comme par exemple le retard au départ, l’attente de 2h de Manou dans un bus en Allemagne, l’escalade d’une grille de 2 mètres par Michel et Denis et l’aide portée à des marathoniens pris de crampes en grimpant à leur tour, les douches encore plus chaudes que celles d’Augny, l’attente dans le froid aux points de relais, les ravitaillement non installés à notre passage … 



Comme d’habitude, les compères terminent la journée autour d'une table (choucroute et bonne bière) pour un moment de convivialité bien mérité ! De prochaines aventures suivront … 

Un grand merci à la famille Schwindenhammer, venue au complet, pour ses encouragements passionnés avant, pendant et après la course. Notons également une très grande émotion pour les retrouvailles de Manou et "Le Vosges" et qui ont eu beaucoup de difficultés à se quitter. 



1000 mètres et barbecue au stade Dezavelle : le compte-rendu

publié le 6 juil. 2012 à 00:23 par courir a metz Metropole   [ mis à jour : 6 juil. 2012 à 00:24 ]


Les "championnats du monde internationaux" du 1000 mètres du stade Dezavelle se sont déroulés ce jeudi 5 juillet dans la bonne humeur.

Étaient présents l'Australien Michael White, l'Ibère Alfredo, Nat Zim la Thaï, les Marocains Christophe et Benoît, Rabbit  l'américain , l'Alsacien Yves, Théo le Belge, Manu le Luxembourgeois et bien d'autres encore sans oublier la famille Six en 5/6. 
La délégation italienne, composée de JL et Enzo, a eu malheureusement du retard et a du effectuer l'épreuve courageusement après les autres.

Tout le monde s'est donné à fond sous une grosse chaleur. Certains, comme la pure-sang anglaise Céline, se sont écroulés à l'arrivée, épuisés mais heureux.



La récompense était au bout : le barbecue fut bien arrosé... par dame nature, les discussions à table furent animées. Rendez-vous l'année prochaine pour de nouveaux championnats du monde internationaux.

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